Elle a de l’allure, elle attire l’œil, et pourtant elle inquiète les spécialistes. Le faux arum revient souvent en Belgique, alors qu’il figure sur la liste des plantes interdites en Europe. Derrière ses grandes feuilles et ses fleurs jaunes, cette plante cache un vrai problème pour la nature locale.
Une plante jolie, mais pas innocente
Au premier regard, le faux arum ressemble à une plante de jardin plutôt paisible. Ses feuilles sont larges, son port est généreux, et sa floraison jaune donne presque une impression de lumière dans les zones humides. C’est justement ce contraste qui trompe souvent les gens.
En réalité, cette espèce venue d’Amérique du Nord s’installe là où elle ne devrait pas être. Elle a d’abord été introduite comme plante ornementale. Puis elle s’est échappée des jardins et a commencé à se répandre dans la nature belge.
Pourquoi l’Europe l’a interdite
Depuis 2016, l’Union européenne a dressé une liste d’espèces exotiques envahissantes. On y trouve 37 espèces animales et végétales, dont plusieurs plantes aquatiques et terrestres. Pour ces espèces, il est interdit de les détenir, de les multiplier, de les vendre ou de les importer.
Le faux arum fait partie de cette liste. Et ce n’est pas par hasard. Quand une plante pousse trop vite et prend toute la place, elle devient un vrai danger pour les autres espèces. Elle ne laisse plus assez de lumière, ni assez d’espace, ni assez de ressources aux plantes locales.
Comment le faux arum abîme les milieux naturels
Le problème principal, c’est sa capacité à former de grands massifs très denses. Une fois installé, il s’étend vite. Dans les zones humides, il profite d’un terrain parfait et gagne du terrain sans difficulté.
Sous ses grandes feuilles, presque plus rien ne pousse. Les espèces endémiques se retrouvent étouffées. Petit à petit, la biodiversité recule. Et quand une plante envahissante prend le dessus, tout l’équilibre du milieu change.
Où le retrouve-t-on en Belgique
Le faux arum a déjà été repéré à plusieurs endroits en Belgique. Au printemps 2025, un chantier a même été lancé à Vielsalm pour tenter de l’éradiquer le long d’une rivière. En région verviétoise aussi, des plants ont dû être arrachés.
Ce type d’intervention montre bien une chose simple. Une fois la plante installée, il ne suffit pas de couper quelques tiges. Ses racines s’enfoncent vite et profondément. Pour la retirer complètement, il faut du temps, du matériel et des équipes spécialisées.
Pourquoi il est si difficile à éliminer
Ce faux arum n’est pas seulement envahissant. Il est aussi tenace. Même si vous enlevez la partie visible, la racine peut rester en terre et permettre une reprise. C’est ce qui rend sa gestion si compliquée.
Autrement dit, on ne parle pas d’une plante qu’on déplace d’un coin à l’autre du jardin. On parle d’une espèce qui peut repartir et se diffuser encore davantage. Dans la nature, ce genre de comportement pose vite problème.
Que faire si vous en repérez
Si vous croisez un faux arum lors d’une promenade, le premier réflexe est simple. Ne le touchez pas. Ne tentez pas de l’arracher vous-même, surtout si vous n’êtes pas certain de l’identifier correctement.
Le mieux est de prendre une photo et de l’envoyer au Département de la Nature et des Forêts ou au Contrat Rivière de votre région. Ce sont les équipes spécialisées qui peuvent décider de la marche à suivre. En agissant ainsi, vous aidez vraiment la nature locale.
Comment reconnaître cette plante sans se tromper
Le faux arum a de grandes feuilles vertes, larges et très visibles. Sa fleur jaune attire l’attention, mais elle peut prêter à confusion si vous ne connaissez pas bien les espèces de zones humides. C’est pour cela qu’il vaut mieux rester prudent.
Si vous avez un doute, ne vous fiez pas seulement à l’apparence générale. Une photo nette, prise de près et de loin, peut déjà aider les spécialistes à faire le tri. Dans ce genre de cas, mieux vaut un signalement de trop qu’un oubli.
Une belle plante ne veut pas dire une bonne plante
On aime souvent ce qui est coloré et spectaculaire. C’est humain. Mais dans la nature, la beauté ne dit pas tout. Une plante peut être superbe en apparence et très agressive pour son environnement.
Le faux arum en est un bon exemple. Il séduit par son allure, mais il menace les espèces locales et déséquilibre les milieux humides. Alors oui, il a de belles fleurs. Mais dans la nature belge, il n’est clairement pas le bienvenu.










